Aller au contenu principal

Tchad Rapport de pays

Niveau de risque du pays

Haute

Vue d'ensemble

Executive Summary

Il est peu probable que le gouvernement ait éradiqué les militants de Boko Haram de son territoire, comme le prétend le président Déby, bien qu'il ait reconnu en août 2020 que les djihadistes continueraient à déstabiliser la zone élargie du lac Tchad. En avril, le Tchad a lancé une opération antiterroriste à la suite d'une attaque qui a tué 98 soldats tchadiens dans la région. Les forces militaires risquent d'être détournées pour protéger la population de la maladie COVID-19, réduisant ainsi leur capacité à défendre le pays contre les djihadistes de l'État islamique dans l'ouest et les insurgés basés en Libye dans le nord. La France, cependant, est susceptible d'apporter une aide militaire si la position du président Déby est sérieusement menacée. Il est peu probable que le président Déby soit politiquement menacé par les partis d'opposition, qui restent faibles et divisés. Le MPS au pouvoir continue de dominer le parlement et les élections législatives prévues pour décembre 2020 ont de nouveau été reportées. Il est peu probable qu'elles aient lieu avant le scrutin présidentiel prévu en avril 2021, qui aboutira probablement à la réélection du président Déby. L'assainissement budgétaire permettra de maintenir la demande intérieure à un niveau modéré en 2020 et le gouvernement poursuivra sa politique budgétaire rigoureuse à court terme. Les progrès des réformes structurelles - notamment une gestion plus efficace des finances publiques, l'exécution du budget et les efforts de diversification - seront essentiels pour améliorer les perspectives économiques du pays et serviront de point de repère pour l'économie tchadienne.La maturation de la production pétrolière, conjuguée aux contraintes structurelles et aux troubles intérieurs persistants, fait peser des risques majeurs sur les perspectives économiques à moyen et long terme du Tchad. La croissance du PIB réel non pétrolier ne dépassera pas en moyenne 2,5 à 3,5 % au cours des cinq prochaines années ou plus. Il est peu probable qu'une telle croissance compense le déclin attendu de la production du secteur pétrolier, à mesure que les champs existants arriveront à maturité et compte tenu de l'absence de nouvelles découvertes.

Operational Outlook

L'épidémie de COVID-19, les insurrections à l'ouest et au nord, et la violence intercommunautaire à l'est déstabilisent l'environnement opérationnel, déjà entravé par la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, les grèves et le resserrement du contrôle exercé par le président. La corruption est omniprésente dans les affaires publiques et les entreprises. L'amélioration des infrastructures est au point mort en raison de la pénurie de fonds due en partie à la chute des prix du pétrole et à l'augmentation des dépenses de défense. La plupart des importations proviennent du port maritime de Douala, au Cameroun, et mettent souvent des semaines à arriver.

Terrorism

La force antiterroriste du Tchad a été sapée par une attaque de Boko Haram dans la région du lac Tchad en mars 2020, qui a tué 98 soldats tchadiens, suscitant une réponse militaire, à la suite de laquelle le gouvernement a prétendu que les djihadistes avaient été éradiqués du Tchad. En août, le président Déby a reconnu que la région était toujours menacée par les militants de Boko Haram basés dans les pays voisins. Les forces armées s'efforcent de contenir les insurrections dans le nord du Tchad et, si elles sont mises à rude épreuve, elles risquent de réduire leurs engagements dans les opérations antiterroristes régionales. Les troupes françaises basées à N'Djamena sont susceptibles d'apporter une aide militaire, atténuant ainsi les risques pour Déby.

Crime

Les crimes visant les expatriés dans les zones urbaines ne sont pas courants et se limitent en grande partie à des petits larcins, en particulier dans le centre-ville de la capitale, N'Djamena, comme au Grand Marché et autour de la principale mosquée. Les vols à main armée se produisent dans les quartiers populaires à l'est et au sud de la ville, tandis que les détournements de voitures sont probables sur les routes en dehors de N'Djamena et d'Abéché, ainsi que dans le nord. Le banditisme est fréquent, en particulier dans les zones frontalières avec le Soudan, la Libye et la République centrafricaine.

War Risks

La coopération antiterroriste du Tchad avec ses voisins réduit les risques de guerre interétatique. Les troupes tchadiennes sont susceptibles de poursuivre les insurgés en Libye pour contrer les insurrections basées en Libye dans le nord du Tchad. Les insurgés tchadiens sont plus susceptibles de provoquer des conflits civils que des soulèvements populaires, et les troupes françaises interviendraient probablement pour contrecarrer les tentatives de guerre civile.

Social Stability

Haute

Le président Déby est susceptible d'imposer un régime de plus en plus autoritaire en raison de la pandémie COVID-19, consolidant ainsi les pouvoirs accrus acquis dans le cadre de la constitution d'avril 2018. Les opposants au gouvernement risquent d'être arrêtés arbitrairement ou emprisonnés sans inculpation. La chute des prix du pétrole devrait affecter l'économie, les mesures d'austérité et les arriérés de salaires augmentant le risque de grèves et de manifestations au-delà des trois mois prévus. Des protestations pacifiques contre la présence militaire française par l'organisation de la société civile, le Mouvement de 12 révolutions, qui prétend que le Tchad n'est toujours pas vraiment indépendant, sont probables à N'Djamena.

Health Risk

Vaccins exigés à l'entrée

Fièvre jaune : un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé des voyageurs venant de pays où le risque de transmission de la fièvre jaune existe. Une seule dose du vaccin suffit pour conférer une protection à vie contre la maladie. Celui-ci doit être administré au moins dix jours avant l'arrivée dans une zone d'endémie afin d'être pleinement efficace.

Vaccins recommandés pour tout voyageur

Vaccins de routine : vérifiez auprès de votre médecin que vos vaccins de routine - à savoir les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la polio, la tuberculose, la grippe, la rougeole, les oreillons, la coqueluche, la rubéole et la varicelle - sont à jour.   

Vaccins recommandés pour la plupart des voyageurs

Hépatite A : le vaccin est administré en deux doses, à six mois d'intervalle. Il est efficace à presque 100 pourcent. L'OMS préconise d'intégrer le vaccin contre l'hépatite A dans le calendrier national de vaccinations pour les enfants âgés d'un an ou plus.

Typhoïde : le vaccin contre la typhoïde peut être administré par injection (en une seule dose) ou par voie orale (quatre doses). Le vaccin est efficace à 50-80 pourcent ; aussi, il convient de prendre toutes les précautions hygiéniques nécessaires lors d'un déplacement dans une zone à risque (cf. ne boire que de l'eau en bouteille, éviter les aliments insuffisamment cuits, se laver les mains régulièrement, etc.). Le vaccin injectable peut être administré dès l'âge de deux ans (six ans pour le vaccin oral).

Paludisme : il n'existe actuellement aucun vaccin homologué contre le paludisme. Cependant, certains traitements antipaludiques sont disponibles par ordonnance et peuvent réduire le risque d'infection jusqu'à 90 pourcent. Le type de traitement prescrit varie en fonction du niveau de risque et de la virulence des souches virales du pays ou de la région visité(e).  La prise d'antipaludiques doit être effectuée durant l'intégralité du voyage ; elle peut être poursuivie quatre semaines après avoir quitté la zone à risque.

Vaccins recommandés pour certains voyageurs

Choléra : un nouveau vaccin (Vaxchora), récemment homologué, est aujourd'hui disponible pour les personnes se rendant dans des zones à risque. En effet, ce vaccin oral permet de prévenir la diarrhée, symptôme majeur engendré par la bactérie du choléra. Le Vaxchora n'étant pas pleinement efficace, il convient de prendre des mesures de précaution hygiéniques (cf. ne boire que de l'eau en bouteille, éviter toute viande crue ou insuffisamment cuite, se laver les mains régulièrement, etc.).

Hépatite B : l'OMS préconise que tous les nourrissons reçoivent la première dose dès que possible après la naissance (de préférence dans les 24 heures suivant l'accouchement). Cette première dose devra être complétée par deux ou trois autres du même type afin de terminer la série primaire. Les doses de rappel ne sont pas recommandées à tout âge.

Méningite à méningocoque : il existe plusieurs types de vaccins contre la méningite, dont certains requièrent des rappels périodiques. Aucun vaccin ne confère une immunité totale. Il est recommandé de consulter votre médecin au préalable afin de choisir le vaccin le plus approprié en fonction de vos antécédents médicaux et de votre projet de voyage.

Rage : la vaccination préexposition est conseillée pour les voyageurs se rendant dans des zones reculées et susceptibles d'être exposées à la rage (cf. régions ou environnements où la présence d'animaux errants - chiens, chats -, de chauves-souris et autres mammifères susceptibles d'être porteurs est avérée). Le vaccin est administré en trois doses sur une période de trois ou quatre semaines. La prophylaxie post-exposition est également disponible et doit être administrée dès que la personne a été exposée à un animal susceptible d'être porteur de la rage.

Fièvre jaune : un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est généralement recommandé pour les déplacements vers les régions au sud du désert Sahara.

Natural Risks

Les inondations sont fréquentes dans plusieurs zones du pays et particulièrement dans le sud et l'est lors de la saison des pluies (juillet à octobre).

Transportation

Haute

Malgré un effort d'aménagement, le pays souffre dans son ensemble - à l'exception de N'Djamena où les routes sont goudronnées - d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et passablement dégradées. Durant la saison des pluies (juillet à octobre), les routes sont souvent impraticables, notamment dans le sud.

A N'Djamena et dans le reste du pays, en raison du risque de carjacking il convient de veiller à ce que les portes du véhicule soient verrouillées et les vitres closes.

Dans la capitale, les déplacements à pied sont à proscrire.

Les contrôles sont très nombreux, notamment aux abords des lieux sensibles (aéroport). Il convient, d'obtempérer à tout barrage érigé par les forces de sécurité. On notera que les véhicules ayant des vitres teintées sont interdits.

Pour tout déplacement en dehors de la capitale, une autorisation du ministère de l'Intérieur est requise. Toutefois, envisager un transport interurbain par la route peut s'avérer périlleux. Les coupeurs de route sont toujours actifs, systématiquement armés et potentiellement très violents. La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Tout accident de la circulation, a fortiori s'il est mortel, peut rapidement dégénérer en émeute violente.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et préférablement en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant ; l'approvisionnement en carburant est assuré dans les grandes villes mais est difficile hors des agglomérations. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Le Nord, en dépit de quelques pistes commerciales ou logistiques bien marquées (entre la Libye et Ounianga Kebir / Faya-Largeau et N'Djamena / Faya-Largeau, Fada et Abéché), est dépourvu de voies terrestres fiables.

Par ailleurs, les autorités diplomatiques occidentales alertent les voyageurs sur la présence de mines dans la zone bordant la Libye. Cette région est difficilement sécurisable du fait des nombreux trafics qui y prospèrent et de l'incursion régulière de nombreux djihadistes maliens.

Practical Information

Climat

Le climat est désertique au nord, sahélien au centre et tropical au sud. Dans le nord, les journées sont très chaudes et les nuits fraîches. Les pluies y sont insignifiantes. Dans le centre, la saison des pluies s'étend de mars à octobre. Dans le sud, la saison des pluies commence en mai et se termine fin septembre. Lors de la saison sèche (décembre à avril) les températures sont très élevées (surtout entre la mi-février et avril) : l'air est asséché par l'harmattan, un vent sec et chaud venu du Sahara traversant le pays du nord au sud.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 235

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises:

Niveau de risque
Critique Haute Moyen Faible Minimale