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Liberia Rapport de pays

Niveau de risque du pays

Haute

Vue d'ensemble

Executive Summary

Le déclin de la situation économique et les allégations de mauvaise gestion et de corruption ont accru les risques de manifestations violentes axées sur les piètres performances du président George Weah et de son administration. Les retombées économiques probables de la pandémie de COVID-19 vont intensifier ces risques, en particulier autour des élections sénatoriales de mi-mandat, qui ont été reportées d'octobre à décembre 2020.Les salaires d'environ 9 000 fonctionnaires qui, selon le ministre des finances Samuel Tweah, étaient "surpayés", ont été réduits en septembre 2019 dans le cadre d'un exercice d'"harmonisation des salaires" lancé en réponse aux pressions du FMI. M. Tweah a déclaré que le Libéria devait réduire la masse salariale du secteur public, qui est en forte hausse, afin de préserver les 60 millions de dollars de soutien budgétaire des prêteurs internationaux. De nombreux autres employés de l'État ont connu des retards de salaires de plus de trois mois. Les travailleurs touchés sont susceptibles de se mettre en grève et de se joindre à des manifestations organisées par la société civile si les retards reprennent.Le gouvernement est sous pression pour réduire le déficit budgétaire, ce qui entraîne un risque élevé d'augmentation des taxes et des droits réglementaires. Le 1er septembre 2019, l'Autorité des télécommunications du Liberia a introduit une nouvelle taxe réglementaire de 5 % sur les revenus des opérateurs de réseaux mobiles pour les services de télécommunications nationaux, ainsi que des prix planchers minimums pour les appels vocaux et l'utilisation de données. IHS Markit prévoit une contraction du PIB réel de 3,6 % en 2020, ayant déjà revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2020 à 1,3 % avant la pandémie de COVID-19 en raison d'une reprise plus lente que prévu, d'un dérapage budgétaire et de contraintes liées à la mobilisation des ressources. Le dollar libérien continuera à se déprécier par rapport au dollar américain pendant le reste de l'année 2020.Le secteur privé limité est soumis à des niveaux de corruption croissants, notamment à des demandes de pots-de-vin de la part de hauts fonctionnaires, ce qui risque d'aggraver l'environnement des affaires et de réduire la confiance des investisseurs.

Operational Outlook

Les risques de grève devraient rester élevés dans les secteurs public et privé tout au long de l'année 2020. Les risques dans le secteur public sont les plus importants car le gouvernement aura de plus en plus de mal à payer les salaires et les arriérés qui représentent deux tiers des dépenses publiques. Les concessionnaires des secteurs minier et agroalimentaire risquent de connaître de nouvelles grèves, qui peuvent souvent tourner à la violence, en particulier lorsque la situation économique se détériore et que les entreprises peuvent être contraintes de réduire leurs activités. Les niveaux de corruption déjà élevés ont encore augmenté sous le gouvernement de George Weah, qui a connu une série de scandales, avec peu de signes que le problème est abordé ou pris au sérieux.

Terrorism

Des protestations et des émeutes violentes ont lieu, mais l'activité terroriste majeure est très limitée depuis la fin de la guerre civile en 2003. Les opérations militaires conjointes avec la Côte d'Ivoire ont permis d'atténuer les craintes de terrorisme le long de la frontière poreuse dans les comtés de Grand Gedeh et de Nimba, où des bandes armées sont connues pour lancer des attaques sporadiques. La participation du Liberia aux opérations de maintien de la paix des Nations unies pose un risque d'attaques terroristes et d'enlèvements par des islamistes, comme en témoigne l'arrestation de plusieurs militants basés au Mali à Monrovia, mais ce risque est faible en raison de l'absence d'un réseau de soutien local au Liberia.

Crime

La menace de la criminalité violente pour la stabilité sociale a diminué grâce à l'amélioration des services de sécurité du Libéria, encadrée par la Mission des Nations unies au Libéria (MINUL) avant son retrait en mars 2018. Cependant, des niveaux élevés de criminalité persistent en raison de la culture omniprésente d'impunité, de toxicomanie et de chômage élevé. La plupart des crimes sont opportunistes et perpétrés par des groupes désorganisés et amateurs. La violence sexuelle reste un problème grave. La justice populaire est un problème régulier et grave, résultant d'une mauvaise perception de la réactivité de la police et de la justice face au crime.

War Risks

Les risques de guerre civile ont diminué après la victoire électorale incontestée de George Weah en décembre 2017, ce qui a marqué le premier transfert démocratique du pouvoir au Liberia depuis des décennies. En outre, l'amélioration de la formation des forces armées a permis à l'armée d'être en meilleure position pour réprimer tout soulèvement susceptible de conduire à une reprise du conflit civil. Toutefois, le mécontentement croissant de la population à l'égard du gouvernement en ce qui concerne la situation économique augmente le risque de troubles dans la perspective d'une année, aggravé par l'impact probable de la pandémie COVID-19. Les risques de guerre interétatique sont faibles, bien que la frontière avec la Côte d'Ivoire soit susceptible d'être fermée en cas d'épisodes violents récurrents au moment des élections.

Social Stability

Haute

Le risque de manifestations et d'émeutes en réponse à la corruption perçue du gouvernement, aux difficultés économiques et au coût élevé de la vie augmente, en particulier à Monrovia. La tolérance du gouvernement à l'égard des manifestations risque de diminuer si elles deviennent plus fréquentes, notamment en raison des restrictions imposées par la COVID-19, ce qui entraînera une augmentation des niveaux de violence car la police utilise des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants non autorisés, et un risque de voir les manifestations s'étendre au-delà de la capitale. Les émeutes peuvent entraîner le pillage et le vandalisme de propriétés privées, de biens publics et d'actifs commerciaux, y compris les infrastructures de télécommunications, les supermarchés et les stations-service.

Health Risk

Un certificat de vaccination antiamarile est exigé à l'entrée du pays pour tous les voyageurs.

Systématiquement

Hépatite A : la vaccination est disponible pour les enfants à partir de l'âge d'un an. Pour les personnes nées avant 1945, ayant passé leur enfance dans un pays en développement ou ayant des antécédents d'ictère, une recherche préalable d'anticorps sériques (Ig G) peut éviter une vaccination inutile.

Hépatite B : la vaccination est disponible pour les enfants à partir de l'âge de deux mois.

Diphtérie, tétanos, poliomyélite : le vaccin doit être mis à jour si nécessaire (rappel tous les dix ans).

En fonction de la durée et des modalités du séjour

Fièvre typhoïde : si le séjour doit se dérouler dans des conditions d'hygiène précaires (pour les enfants : à partir de l'âge de deux ans).

Rage : pour des séjours prolongés en situation d'isolement (pour les enfants : dès qu'ils sont en âge de marcher).

Méningite à méningocoques : pour des séjours prolongés, ou en cas de contact étroit avec la population locale en période et en zone d'épidémie (pour les enfants : à  partir de l'âge de 2 ans).

Pour les enfants : toutes les vaccinations incluses dans le calendrier vaccinal français devront également être à jour. Dans le cas d'un long séjour, le BCG est recommandé dès le premier mois et le vaccin rougeole-oreillons-rubéole dès l'âge de 9 mois.

Paludisme : chimioprophylaxie conseillée contre le paludisme : méfloquine (nom commercial : Lariam) ou doxycycline (nom commercial : Doxypalu).

Natural Risks

Monrovia est régulièrement affectée par des pluies torrentielles entre mai et novembre, la plaçant comme l'une des capitales les plus humides du monde. Par ailleurs, ces pluies engendrent des inondations importantes ; le manque d'infrastructures adéquates empêche la bonne évacuation des eaux. En conséquence, les axes routiers sont souvent inondés et impraticables. Coulées de boues et effondrements de bâtiments sont fréquents. Il est recommandé de se familiariser avec les zones à risque et de rouler en véhicule tout terrain (4x4).

En outre, le réchauffement climatique entraine une montée des eaux inquiétante ; l'océan envahit lentement l'un des plus grands bidonvilles de la capitale, WestPoint, entrainant un déplacement massif des populations. Cette situation est à même de déclencher des maladies telles que la fièvre de Vallée du Rift, le choléra ou le paludisme. Par ailleurs, de graves sécheresses et des perturbations dans le rythme des précipitations provoquées par ce phénomène peuvent engendrer une réduction des récoltes et donc une augmentation des prix des denrées alimentaires. 

Transportation

Toutes les compagnies aériennes locales sont interdites d'exploitation dans l'Union européenne, le Libéria étant incapable de garantir les standards sécuritaires internationaux requis. 

L'aéroport international Roberts se trouve à 60 km de la capitale Monrovia et n'est desservi par aucun moyen de transport public. Il convient d'organiser un accueil local à l'arrivée.

Le pays souffre dans son ensemble - à l'exception de Monrovia, Buchanan, Bo Waterside et Ganta - d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et dégradées. Durant la saison des pluies (mai à novembre inclus), les routes sont souvent impraticables, en particulier les pistes qui constituent la majeure partie du réseau routier du Libéria.

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Cette dernière recommandation s'applique également à Monrovia, dont certains quartiers doivent être évités (West PointSomaliaDriveRed Light notamment). Tout accident de la circulation a fortiori s'il est mortel peut rapidement dégénérer en émeute violente. En cas d'accident il convient de ne pas sortir du véhicule et de se rendre immédiatement au commissariat le plus proche.

À Monrovia et dans le reste du pays, en raison du risque de vols à la tire dans les embouteillages,  il est recommandé de veiller à ce que les portes du véhicule soient verrouillées et les vitres relevées.

Les autorités occidentales déconseillent formellement tout déplacement en transports publics. Il est recommandé d'avoir recours à un chauffeur privé expérimenté durant un séjour au Libéria.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4), si possible en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Des barrages routiers existent, en province, souvent tenus par des policiers encore peu professionnels. Il convient d'obtempérer à tout barrage érigé par les forces de sécurité.

Practical Information

Climat

Le climat est équatorial avec des températures élevées (entre 22°C et 33°C) et un taux d'humidité très important sur la côte (plus faible vers l'intérieur des terres).

La saison sèche dure de novembre à mars mais le ciel reste couvert et souvent brumeux. L'harmattan, vent chaud et sec venant du Sahara, fait baisser l'humidité de l'air. La saison des pluies débute en avril, avec des précipitations torrentielles de mai à fin octobre et une accalmie en août. La chaleur combinée à l'humidité rend l'atmosphère difficilement supportable. Les précipitations sont abondantes sur la côte et diminuent en allant vers l'est.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 231
Police: 911 ou 33 35 613
Pompiers: 911 ou 33 35 613
Ambulances: 911 ou 33 35 613

Electricité

Voltage: 120 V ~ 60 Hz

Prises:

Niveau de risque
Critique Haute Moyen Faible Minimale